Dans le cadre d’un projet visant à développer des pistes de coopérations franco-mexicaines entre musées et entreprises, {CORRESPONDANCES DIGITALES] a co-organisé une délégation professionnelle au Mexique, du 6 au 13 mars, avec l’agence de coopération Expertise France (Frédéric Chambon, Expert Technique International basé à Mexico). Le musée du Quai Branly, le musée des Confluences, la Cité des Sciences, Iconem, Small Creative et Unframed Collection ont fait partie des structures françaises qui sont allés à la rencontre de leurs homologues mexicains avec l’objectif de partager des projets et expertises, de créer ou diffuser des expériences ou expositions communes.
Durant cette semaine, plus de 14 visites et plus de 30 rencontres ont ainsi été organisées, un forum franco-mexicain s’est aussi tenu rassemblant ainsi une cinquantaine de professionnel.l.e.s des 2 pays. Une telle semaine a été l’occasion de découvrir un pays d’une richesse incroyable de culture, d’histoire et de créativité. Cet article propose d’en restituer, autant que cela soit possible, cette richesse. Cette délégation a été réalisée dans le cadre de Programme Industries Culturelles et Créatives grâce à l’appui du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et de l’institut français pour l’export international des industries culturelles et créatives françaises, l’Ambassade de France au Mexique et l’Institut français de l’Amérique latine, un grand merci à ces différents partenaires pour leur confiance.
De nombreux projets numériques déjà à l’œuvre dans de nombreux lieux culturels et muséaux : entre créativité, mise en réseau et collaborations internationales
Avec 130 millions d’habitants, le Mexique est la 12e puissance économique mondiale. Malgré la violence des cartels, la corruption ou les inégalités (1% de la population mexicaine possède 41,2% des richesses du pays en 2024 selon la CEPAL), le pays voit émerger une classe moyenne en recherche de culture et fiers de ce son patrimoine.
Les nombreux sites archéologiques du pays ainsi que ses magnifiques musées attirent, par ailleurs, une partie des plus de 45 millions de touristes internationaux venant visiter le pays chaque année.
Dans les sites archéologiques : la créativité numérique au cœur des enjeux de rénovation et de valorisation.
Le Mexique est un pays ancré dans une histoire d’une richesse époustouflante. Les différents sites, témoignages du raffinement et de la sophistication des civilisations préhispaniques, parsèment le pays. Ces différents sites font l’objet de recherches archéologiques régulières qui permettent des avancées scientifiques contribuant à mieux valoriser ces sites.
Des centres d’interprétations et des musées de site : le rôle primordial de l’INAH dans la modernisation de ces sites.
De nombreux sites préhispaniques existent au Mexique. Nombre d’entre eux sont enrichis par des espaces d’interprétation et des musées archéologiques gérés par l’Institut national d’Anthropologie et d’Histoire (INAH). L’INAH gère un réseau composé de 162 musées et espaces muséographiques et assure des missions de recherche scientifique (archéologie, anthropologie, histoire et paléontologie), de protection, conservation, diffusion culturelle, animation et coordination territoriale de musées (31 musées régionaux).
Outre l’administration du musée national d’Anthropologie (voir plus bas), l’INAH gère des musées de site tels que ceux de Chichén Itzá, de Tulum ou de Teotihuacán.

Inscrit à l’UNESCO, le site de Teotihuacán recense, à lui seul, 3 musées qui, à l’approche de la Coupe du monde de Football organisée en 2026 par le Mexique, les Etats-Unis et le Canada, sont en cours de rénovation. De telles transformations ouvrent le champ à de nouvelles formes de muséographies et de médiations pour mieux valoriser la richesse de ces collections à une grande diversité de publics.
Le développement de ces dispositifs de médiation repose sur une politique numérique mise en œuvre depuis de nombreuses années par l’INAH pour numériser les collections des musées et des sites dont il a la charge à des fins d’études, de conservation mais aussi de médiation. 500 000 objets ont ainsi déjà été numérisés et de nombreuses visites en 3D et 360° sont désormais proposés. Un tel investissement en numérisation permet, outre le développement de ressources scientifiques et de médiation, de créer d’autres formes d’applications plus événementielles. C’est le cas des Noches de Kukulkan à Chichén Itzádont le spectacle de vidéomapping s’est développé à partir d’un modèle 3D mis à disposition par l’INAH.
Des événements de valorisation : le vidéomapping pour créer de nouvelles approches des sites archéologiques mexicains.
Régulièrement visités par de nombreux mexicains, ces différents sites font aussi l’objet de projets de valorisation faisant appel à la créativité numérique. C’est le cas, par exemple, d’un projet porté par le studio mexicain AuraLab (VR et vidéomapping) sur l’ancien complexe maya de Chichén Itzá (2,1 millions de visiteurs en 2025 – Source : INAH).

A travers la lumière, le son, l’image narrative, Aura Lab a souhaité proposer un spectacle de vidéomapping (30 minutes) sur la pyramide de Kukulkan de ce site emblématique du Mexique afin d’en révéler symboliquement les rituels, le rapport au temps et à la cosmologie, aux mythologies ou aux grands moments historiques que celui-ci a pu traverser. Ainsi, Las noches de Kukulkan sont proposées du mercredi au dimanche et ont attirés environ 18 000 visiteurs en 2025.
Ces différentes approches créatives et numériques sont aussi de plus en plus développées dans une variété d’autres musées mexicains (arts décoratifs, histoire, société ou scientifiques).
Dans les musées : de l’expérimentation à la diversification des approches de médiation.
Durant cette semaine de délégation professionnelle, nombreux ont été les musées que nous avons rencontrés et diverses étaient leurs collections : musée d’Anthropologie (avec ses magnifiques collections préhispaniques), musée Frantz Mayer (musée privé dédié aux arts décoratifs, photographie, architecture et art contemporain), musée Mémoire et Tolérance (musée de société), Universum, muséum d’histoire naturelle ou Palalote (centres de sciences). Chacun de ces musées développe des approches très différentes en termes de collaborations et de numérique : expérimentations, parcours augmentés ou espaces dédiés.
Le musée national d’Anthropologie : vers une politique d’expérimentation ?
Fondé en 1964, le musée est consacré à l’archéologie et l’histoire des civilisations préhispaniques. Il accueille plus de 5 millions de visiteurs par an. Ses visiteurs, dont une grande partie est mexicaine, sont attirés par la richesse des collections préhispanique de ce magnifique musée. Au-delà d’un parcours permanent riche de plus de 60 000 objets, le musée, avec le soutien actif de l’INAH développe de nombreuses expositions temporaires ambitieuses.

En termes de médiation, le numérique est très peu présent dans le musée. Si une salle introductive a été développée pour mettre en perspective les collections du musée. Elle recourt principalement à des maquettes, des artefacts et une courte projection vidéo. Des expérimentations ont aussi été réalisées autour de la réalité virtuelle dans le passé mais les moyens mis en œuvre (2 casques VR à la libre disposition des visiteurs) n’ont pas permis, de façon probante, de faire modèle. De nombreux projets restent encore à construire pour accompagner le visiteur de ce musée en complément de la richesse de ce parcours et de l’appui réalisé par les médiateurs et médiatrices de l’établissement.
A contrario, les centres de sciences mexicains ont recours à des formes de créativité numérique particulièrement variées : projections sous dôme, dispositifs interactifs, salles immersives (projections ou réalité virtuelle).
Papalote – Museo del Niño : faire de la créativité numérique un événement
Ce musée dédié aux enfants a été créé il y a plus de 32 ans en 1993 dans le parc Chapultepec de Mexico (2 autres musées ont été ouverts avec Papalote au Mexique à Monterrey et Cuernavaca). Avec 30 millions de visiteurs depuis son ouverture, c’est le musée dédié aux enfants le plus visité d’Amérique latine.
Ayant accueilli plusieurs millions de visiteurs depuis sa création, il offre un parcours aux expériences variées pour les jeunes publics de la plus petite enfance à l’âge adulte sur plus de 25 000 m². Espaces dédiés à l’environnement et à la biodiversité, à l’urbanisme ou à la santé, ce musée privé a pour particularité de développer la plupart de ces espaces et dispositifs de médiation en collaboration étroite avec des entreprises. De nombreux partenariats internationaux sont aussi noués avec des musées dédiés aux enfants américains (dans le Minnesota, à Brooklyn, New York ou dans l’Ontario) afin de développer la programmation du lieu.

En termes de numérique, celui-ci est peu présent dans le parcours afin de laisser la place aux médiations tangibles, sensibles et matérielles par des temps d’observation, d’expérimentation ou de manipulation. La créativité numérique est donc accueillie dans des espaces dédiés à l’instar du planétarium du musée.
En effet, outre une salle de cinéma IMAX (77 films programmés et plus de 18 millions de spectateurs depuis 30 ans), Papalote dispose d’un planétarium (22 titres projetés qui ont attirés plus de 9 millions de spectateurs depuis 20 ans). Le musée y propose différents événements mettant en avant des projets artistiques et créatifs de grande qualité. C’est le cas du DomoArte Mexico, festival fulldôme faisant l’objet de la curation de l’artiste français Jérémy Oury.

Cette approche de la créativité numérique dans des espaces dédiés temporaires est aussi celle adoptée par le Muséum d’histoire naturelle de Mexico. Celui-ci a, néanmoins, un recours régulier à des dispositifs de médiation numérique au sein de son parcours permanent.
Le muséum d’histoire naturelle de Mexico : un parcours entre immersion et interactivité.
Situé non loin de Papalote, le muséum d’histoire naturelle de Mexico a été créé en 1986. 10 ans de rénovation depuis 2017 ont été nécessaire pour créer un parcours de grande qualité dans l’architecture emblématique de ce lieu conçue par l’architecte Leónides Guadarrama.

Le parcours du musée ainsi rénové livre différents espaces où se développent un parcours riche de collections mises en situation par le biais d’une scénographie plus ouverte, agrémentée de nombreuses scènes reconstitution, de dioramas et de dispositifs interactifs numériques (scénographie réalisée par l’agence de scénographie mexicaine Siete colores). Ces différents dispositifs numériques font appel aux principes qu’avaient ainsi décrits Jorge Wasenberg : interactivité manuelle (Hands on), intellect (Minds on) et émotion culturelle (Hearts on).


Le parcours rénové du muséum.
Au-delà de ce parcours, le muséum s’est aussi doté d’une salle immersive lui permettant d’accueillir des programmes tels que One World, One Chance réalisé par National Geographic et Oasis Immersion. Un autre programme immersif y a été aussi présenté grâce au financement du fonds de dotation du musée (Fideicomiso) et du fonds pour la préservation des mers (Fomares) : la Symphonie océanique. Cette expérience permet de s’immerger dans les fonds marins, à l’écoute du chant des baleines. Ces différents programmes permettant ainsi de sensibiliser les visiteurs du musée à un ensemble d’enjeux sociétaux et environnementaux.

Récemment rénové, le muséum a donc eu recours à de nombreux dispositifs numériques, c’est aussi le cas du centre de sciences Universum qui a enrichi son offre de visite par un ensemble d’offres culturelles numériques complémentaires.
Universum : vers une diversification des approches de médiation scientifiques.
Situé dans l’immense cité universitaire de Mexico, Universum est le musée de Sciences de l’UNAM (Université nationale autonome du Mexique) a été ouvert en 1992. Avec plus de 25 000 m² (dont 12 000 dédiés aux expositions permanentes) et plus de 23 000 visiteurs par mois, c’est l’un des centres de sciences les plus importants d’Amérique Latine.
Pionnier en termes d’expériences narratives, Universum propose des expositions temporaires et permanentes sur des thématiques aussi variées que la biodiversité, les mathématiques, la chimie, l’univers ou l’intelligence artificielle. L’espace dédié à la biodiversité, par exemple, permet de mieux appréhender les évolutions de la ville de Mexico par la projection au sol d’un plan dynamique de la ville et sur les murs un ensemble d’informations en lien avec les thématiques abordées dans cette salle. Une maquette de l’environnement de Mexico permet aussi de vidéoprojeter un ensemble d’informations sur l’évolution urbaine de la ville et ses impacts.


2 approches de médiation concernant les impacts de Mexico, l’une des villes les plus polluées du monde, sur son environnement.
En outre, Universum s’est doté d’un planétarium qui propose des programmes de qualité ainsi que d’une salle équipée de 20 casques de réalité virtuelle afin de découvrir un ensemble de programmes dédiés à l’environnement et au monde animal développés et mis à disposition par la société parisienne Wild Immersion.

Au-delà des musées consacrés aux sciences, certains musées de société à Mexico font aussi la part belle à la médiation numérique tant en termes de parcours permanent que temporaires. C’est le cas du musée Mémoire et Tolérance.
Le musée Mémoire et Tolérance : le numérique au cœur des dynamiques sociales.
Créé en 2010, sous l’impulsion de l’association « Memoria y Tolerancia », le musée est un musée privé soutenu par de nombreux mécènes dotés d’un parcours permanent et de deux espaces temporaires. Il cherche à sensibiliser au respect des droits humains, à la mémoire des génocides (notamment, la Shoah) et à la lutte contre l’indifférence et la discrimination.
Lors de notre visite, une exposition Infancias en silencio était alors consacrée aux violences faites aux enfants et aux adolescents au Mexique visant à briser le silence et à promouvoir la prévention. Des espaces étaient ainsi dédiés à des témoignages oraux appelant à prendre la parole. D’autres étaient consacrés aux Fake News (réalisé en lien avec Meta et Tiktok), espaces témoins de modèles de collaboration avec des GAFAM assez inédits pour prévenir des risques liés à l’usage des réseaux sociaux

Parmi les prochaines expositions en cours d’installation, l’une d’elle sera consacrée au foot en lien avec la coupe du monde afin de rappeler les valeurs liées à la tolérance et au respect que ce sport pourrait être à même de drainer au sein de la population mexicaine.
Ce panorama de quelques musées mexicains met en avant une richesse des formes de collaboration et d’approches. Certains réalisent des expérimentations à l’instar du musée d’Anthropologie, d’autres rénovent leurs parcours pour y induire d’autres approches de médiation plus interactives et immersives (muséum d’histoire naturelle ou musée Mémoire et Tolérance). Certains y voient l’occasion de développer des projets temporaires ou événementiels avec un ensemble de partenaires artistiques ou entrepreneuriaux. Quelques soient les approches envisagées, cette diversité démontrent aussi l’existence d’un écosystème créatif particulièrement dense.
Un écosystème créatif et entrepreneurial en plein essor.
Avec une offre culturelle aussi riche au cœur même de la ville de Mexico, de nombreux studios créatifs se sont développés pour accompagner le développement des projets numériques de ces musées ou créer leurs propres salles immersives. Cet écosystème bénéficie aussi de sa proximité avec les États-Unis qui, malgré les prises de position du gouvernement américain actuel, arrivent encore à travailler à Las Vegas, Dallas ou Austin.
Des studios de création diffuseurs de leurs savoir-faire
Sous l’impulsion de différents studios créatifs et entrepreneurs, différentes salles immersives se sont développées ces dernières années à Mexico. Ces espaces développent leurs propres projets ou s’insèrent dans des réseaux pour acquérir et diffuser des programmes.
Alter CDMX : entre événements corporate et grand public.
Alter CDMX est un de ces espaces développés par le studio de création mexicain AlgoStudio. Récupéré il y a 2 ans par le studio, cet espace permet d’accueillir de nombreux événements corporate. Récemment pour Audi, le studio de création a conçu et développé un parcours dédié à destination des collaborateurs et clients de la marque.

En outre, Alter CDMX accueille des projets pour le grand public. Ce fut le cas avec l’exposition « Frida Kahlo: The Immersive Biography » conçue par le studio barcelonais Layers of Reality, adaptée par AlgoStudio et distribuée dans ce lieu.

Après avoir testé l’exploitation de cette expérience immersive, le studio souhaite aussi développer ses propres expériences immersives. Ainsi, très prochainement, pour accroître la fréquentation de leur lieu et mieux l’ancrer dans le paysage des activités culturelles et de loisirs des habitants de Mexico, AlgoStudio souhaite développer une exposition sur le foot en lien avec la Coupe du monde. A l’instar de nombreux musées et salles immersives se préparant aussi à l’accueil de cet événement mondial dans un pays où le football est omniprésent !
Alter représente ainsi un bel exemple de réalisations sur mesure type showroom pour les entreprises tout en mixant ce modèle au déploiement de programmes sur catalogue et sur mesure pour le grand public.
Inspace / Sensea : vers la création de deux salles immersives aux programmations distinctes.
A Mexico, une autre salle a ouvert récemment : Inspace. Opérée par le studio IntusTV, elle propose des créations artistiques numériques distinctes des grandes expositions immersives distribuées à l’international.

Pour autant, ce modèle s’enrichit lui aussi par de nombreuses collaborations avec des entreprises. Le lieu étant, comme pour Alter, un espace d’expérimentation et de monstration pour les entreprises en priorité tout en proposant l’ouverture de ces espaces au grand public (mais de façon minoritaire). Pour accélérer ces collaborations hybrides, Inspace va donc déménager très prochainement et laisser l’exploitation de son espace à Sensea Immersive.
Résolument orienté sur une exploitation grand public, Sensea Immersive exploite différentes expositions immersives en lien étroit avec des réseaux de distribution nationaux ou internationaux tels que le groupe italien Crossmedia Group, l’Immersive Center Alliance (lancée en 2024 lors du NUMIX LAB Allemagne) ou l’Association mexicaine des musées et des centres de sciences et de technologies (ammccyt).Des expositions immersives grand public sur des thèmes réputés porteurs et attractifs seront ainsi déployés dans les prochains mois : Van Gogh, les dinosaures, etc.
Au-delà de ces quelques exemples emblématiques de studios devenus diffuseur, l’écosystème créatif mexicain est en train de se structurer rapidement.
Vers l’émergence d’un écosystème créatif structuré
Dans le cadre de la coopération impulsée par Expertise France avec l’Université TEC de Monterrey et en lien avec la délégation française organisée à Mexico, le Master en Art digital et Nouveaux médias du TEC a développé un projet pilote d’étude comparée des écosystèmes de création immersive entre la France et le Mexique. Cette partie de l’article restitue la très belle intervention d’Enrique García, Responsable du master nuevos medios y artes digitales, lors du forum franco-mexicain organisé durant cette délégation (travail en cours – un grand merci à lui pour ce partage).
Le développement de nombreux festivals et de programmes d’accompagnement pour développer la production et la diffusion des studios créatifs mexicains.
Outre les salles immersives, pas moins de 27 festivals ont été comptabilisés par le TEC de Monterrey œuvrant ainsi à la diffusion d’œuvres et de productions audiovisuelles et numériques mexicaines.
Ces festivals sont dédiés au cinéma et à l’audiovisuel, à la musique, aux jeux vidéo ou à l’art digital et à la création. Si la majorité des festivals sont concentrés sur Mexico, différents festivals se développent dans d’autres régions du Mexique, ils sont tout autant financés tant par les pouvoirs publics que des acteurs privés. Parmi ceux-là, peuvent être cités le Mutek MX, FILUX ou le VR Fest MX, etc.).
Une quinzaine de fonds et de programmes de financement facilitent, quant à eux, le développement de ces studios pour les aider à produire, les accueillir en résidence ou les appuyer en termes de formations.

Des hubs territoriaux sont, par ailleurs en train d’appuyer cette structuration. C’est le cas, par exemple, de la Ciudad Creativa Digital, hub ICC de la région de Guadalajara, dont fait partie la plateforme ouverte d’innovation et de développement de Jalisco qui a pour objectifs de former, créer des liens et favoriser l’innovation sur le territoire de Guadalajara.
L’émergence de studios et de créateurs.rices de talent.
La structuration d’un tel écosystème favorise l’émergence et la consolidation de nombreuses entreprises au Mexique. Parmi celles-ci, certaines ont déjà été citées dans cet article telles qu’AuraLab ou AlgoStudio.
A cette première liste s’ajoutent de nombreux autres studios de talent comme Medusa Lab, (dispositifs immersifs et numériques dans le secteur muséal) CAMMARQ (œuvrant à la numérisation de nombreux lieux patrimoniaux au Mexique), Bitchi Soul (développant des solutions en réalité mixte), Linea 2 (studio d’animation) ou Josué Ibanez (ancien co-fondateur du studio Cocolab, artiste talentueux collaborant régulièrement avec Meowolf, la Sphère de Las Vegas, etc.).

La diversité de ces exemples démontre le dynamisme créatif et la forte capacité de diffusion d’une ville comme Mexico. Territoire passionnant tant par son passé que par sa force d’innovation, le Mexique se positionne comme un territoire particulièrement inspirant dans ses développements. Merci à Expertise France, au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, à l’institut français, à l’Ambassade de France au Mexique et l’Institut français de l’Amérique latine d’avoir rendu possible cette délégation. Merci aussi aux participant.e.s de cette délégation.
Antoine ROLAND